Le défi d’être avocat au service de l’Afrique

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Je voudrais me servir de la belle tribune qu’offre l’UIA pour ouvrir un débat avec l’ensemble de mes confrères d’Afrique. Je souhaite également que tous ceux qui sont hors d’Afrique nous apportent leur contribution. A la vérité,  ce défi concerne également les avocats des autres continents même si cela ne paraît pas toujours évident pour ceux qui exercent notre métier dans des continents à prospérité économique apparente. Le défi que nous devons relever est de devenir proactif. 

I. Les termes du défi : quitter une attitude réactive pour une attitude proactive 

Pourquoi un tel défi ? Les avocats accompagnent la vie des gens, la vie des personnes physiques et morales, publiques et privées. Nous sommes donc tributaires de l’évolution du pays dans lequel nous exerçons notre métier. Position attentiste ou défensive, s’il en est. Nous pouvons faire mieux en influant sur la prospérité de nos pays. Cependant, nous n’y parviendrons qu’en révisant notre action. L’un de nos défis sera donc de moderniser notre action en devenant proactif, en devenant offensif ; pas d’une offensive publicitaire et agressive mais d’une offensive intelligente. Il s’agira pour nous, avocats, de nous servir de notre indépendance en vue de faire prendre conscience à l’Afrique de sa force et la propulser vers une prospérité durable, en toutes ses formes. De l’idée que nous avons de l’Afrique, de notre vision pour elle, de notre service pour elle, dépendront l’avenir de la profession et l’état de l’avocat. 

Le défi d'être avocat

II. Relever ce défi : comment et par qui ? 

L’avocat, au regard de son rôle et de son indépendance, peut être un moteur intellectuel qui permette de libérer le potentiel du continent et de concourir à sa prospérité économique. Pour ce faire, au regard de la situation politique, culturelle, sociale, économique, etc.  de chaque pays du continent, nos barreaux pourraient proposer périodiquement à leurs membres, des thèmes fondés sur les besoins réels du pays. Ces thèmes constitueraient l’axe minimal d’une période autour desquels nous pourrions bâtir de nouveaux services, des services appropriés. En termes de management, une telle démarche s’appelle une vision orientée client. Nous serons écoutés du fait de notre position sociale car l’exercice de notre métier a créé en nous des réflexes et une manière d’être. Cette manière d’être nous apporte bien souvent dans nos sociétés, et fort heureusement, une excellente considération. Notre indépendance est un atout car l’une des manifestations de l’indépendance, c’est d’avoir un regard neutre, un regard affranchi de passions, un regard pondéré. Les barreaux et les avocats doivent donc moderniser leurs méthodes d’intervention et leurs moyens d’action. Des outils tels que la planification stratégique peuvent nous y aider. 

III. Résultats escomptés 

Nous stimulerions la prospérité au lieu de nous contenter de l’accompagner. Notre créativité serait entretenue. Nos barreaux seraient plus actifs et davantage au service de la profession. Le degré de juridicité de nos concitoyens serait accru et il s’en suivrait un accroissement des réflexes de recours à l’avocat. En conclusion, cherchons la prospérité de l’Afrique et le rayonnement de la profession nous sera donné par surcroît (paraphrase de Mt 6, 33 : « Cherchons le Royaume des Cieux et le reste nous sera donné par surcroît »).

Istanbul, octobre 2010

Elvire VIGNON, Avocate, elvirevignon@cabinetvignon.net ; 01 BP 5170, Cotonou, Bénin

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