Préface pour « Jurisprudence béninoise » n° 6

Publié par

Déesse Justice Maat

Lorsque Me SAÏZONOU-BEDIE m’a fait l’honneur de me demander de préfacer la « Jurisprudence béninoise » n° 6, je me suis assurée de la définition que donnait le dictionnaire du mot « préface ». J’y ai lu ceci : « 1. Texte de présentation placé en tête d’un livre. 2. CHRIST. Partie de la messe qui précède la prière eucharistique ».

Participer à la prière eucharistique, c’est exprimer de la foi, la foi qui propulse vers l’amour et la charité.

Il a fallu beaucoup de foi à Me SAÏZONOU-BEDIE pour diriger et accomplir le travail de collecte des décisions de justice. En effet, obtenir les décisions rendues relève du chemin de croix. Il suffit, pour s’en convaincre, de comparer les dates des décisions publiées avec la date de la revue. Entre le greffier qui vous renvoie au juge et à l’agent de greffe, le nombre de stations à parcourir est inimaginable. Sur ce chemin de croix, il arrive qu’avocats et magistrats s’invectivent, hélas ! Le public a même lu, à ce sujet, une lettre ouverte publiée dans la presse. Des poursuites disciplinaires et correctionnelles alimentent également toute cette tension. C’est dire que la revue Droit & Lois, qui nous offre ce recueil, a la foi chevillée au corps.

 Cette foi est la manifestation de l’amour du métier d’avocat, du respect du métier de juge ainsi que de celui du greffier. C’est aussi la manifestation de l’amour du droit qui permet de construire et de consolider l’Etat de droits et de devoirs. L’amour de la justice devrait amener tous les professionnels à unir leurs forces pour proposer à l’administration judiciaire une meilleure organisation du travail qui donne un sens aux jugements rendus afin d’éviter que les citoyens se comportent en rebelles ou en brigands. A quoi sert le meilleur jugement rendu par le meilleur des juges assisté par le meilleur des greffiers, si ce jugement n’est pas disponible pour être exécuté ?

Il restera aussi aux destinataires du répertoire de jurisprudence à faire preuve de charité professionnelle en se procurant l’ouvrage et en le lisant. Ceci ne sera cependant qu’une charité minimale car la charité professionnelle sera complète lorsque les lecteurs professionnels et même les justiciables auront commenté les décisions qui y sont publiées. Ces commentaires permettront notamment de constater l’état des mœurs de notre société, de savoir comment telle ou telle autre loi est interprétée et comment tel vide juridique est habituellement comblé. Ces commentaires serviront de marqueurs pour apprécier la contribution de la justice à la paix et à la sécurité.

Ainsi fait, chacun et tous, nous aurions communié à la sécurité juridique et judiciaire inhérente à la vie d’un Etat de droit.

Cotonou, 1er septembre 2011, Elvire VIGNON, Avocate

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