Examen de conscience pour avocats

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J’ai imaginé cet examen à la suite d’une méditation sur le « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »,  mots de Jésus relatés par St Marc (12, 17) en réponse à la question : « Est-il permis ou non de payer l’impôt à César? Devons-nous payer, oui ou non?… ». Oui, rendons à César ce qui est à lui et à Dieu ce qui lui revient.

Un avocat et sa conscience
L’ange, le diable et l’avocat

Ce que nous rendons à César, symbole ici du pouvoir temporel est matériel. Ce que nous rendons à Dieu, essence du spirituel, est immatériel mais peut s’apprécier à travers notre comportement quotidien. Le regard qu’une personne porte sur elle-même pour apprécier son propre comportement, est un examen de conscience. Le contenu de l’examen de conscience d’un avocat peut se fonder sur sa mission.

La mission d’un avocat est de proposer des solutions juridiques à toute personne qui le sollicite. Pour répondre à cet appel, l’avocat défend ses clients devant les juridictions étatiques et tribunaux arbitraux, donne des conseils, assiste ses clients dans les médiations, assiste et représente ses clients dans les négociations diverses, reçoit des pièces et des fonds, etc.

Cette mission est encadrée par les principes de modération, de désintéressement, de probité, de confraternité. Alors lorsque le voile des ténèbres succède à la lumière du soleil, nous pourrions, chacun, vérifier, si nous avons respecté ces principes en nous demandant par exemple :

  1. Ai-je dit à mon client la véritable portée des actes qu’il comptait poser ou qu’il avait déjà posés?
  2. Me suis-je contenté de dire à mon client ce qu’il avait envie d’entendre ou lui ai-je dit ce que la loi, les usages, le bon sens entendait?
  3. Ai-je restitué à mon client les fonds qui m’ont été adressés pour lui?
  4. Depuis combien de temps ai-je reçu des fonds qui ne me sont pas destinés?
  5. Ai-je laissé traîner l’affaire afin d’arriver à des honoraires plus élevés?
  6. Ai-je donné à la partie adverse des informations qui compromettent mon client?
  7. Ai-je été corrompu par la partie adverse en vue de léser mon client?
  8. Ai-je servi de courroie de transmission pour corrompre, pour le compte de mon client, des personnes qui ont un pouvoir de décision?
  9. Ai-je été instigateur de la disparition de pièces favorables à la partie adverse ?
  10. Ai-je détourné la clientèle d’un confrère ?
  11. Ai-je pris contact avec la partie adverse en dehors de mon confrère qui l’assiste ?
  12. Ai-je communiqué à mon confrère contradicteur toutes les pièces que je compte verser au dossier judiciaire ?

Des réponses vraies, données à soi-même, permettraient de se rendre compte de son degré de vertu professionnelle, de prendre les résolutions subséquentes, et ainsi d’essayer de se rendre à Dieu comme Il nous a faits c’est-à-dire intrinsèquement bons et aimants. Ce serait aussi une autre manière de renouveler quotidiennement son alliance avec Dieu et de mieux répondre aux attentes de la clientèle.

Cotonou, le 17 juillet 2012,

Elvire VIGNON, Avocate à Cotonou

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